Agriculture durable
Pérou

Gestion Durable des Forêts, de l’Agriculture et du Tourisme


Rainforest Alliance

Ce projet s’intègre dans le programme « Initiative to Conserve the Andean Amazon » (ICAA) (Initiative pour la Conservation de l’Amazonie Andine) pour la préservation de la biodiversité des régions de lʼAmazonie Andine en Colombie, Equateur, Pérou et Bolivie.

Rappel des objectifs :

  • Augmenter les pratiques durables dans la sylviculture, l’agriculture et le tourisme
  • Augmenter le nombre de zones et de sites éco-gérés de grande importance biologique
  • Augmenter les ventes de produits et services certifiés ou éco-gérés
  • Développer la compétitivité de la sylviculture, de l’agriculture et des opérations touristiques certifiées ou éco-gérées, tout en progressant sur le bien-être des travailleurs, des producteurs et de leurs familles.

Processus de suivi pendant le programme

  • 4 rapports narratifs et financiers dont 1 rapport final;
  • Évaluation intermédiaire en novembre 2010;
  • Visite de Gilles Burkhartdt et Anne-Laure Balan Peyrot en novembre 2010;
  • Évaluation finale en novembre 2011.

Résultats et Indicateurs :

Les indicateurs sélectionnés dévoilent tous des objectifs atteints voir dépassés :

  • 319 082 hectares certifiés (160%)

Les nouvelles zones certifiées de café (72.469 ha) et de sylviculture (246.613 ha) ont largement dépassé les 200.000 hectares planifiés au départ, ce qui a aussi eu pour conséquence l’augmentation du volume de ces produits certifiés.

  • $88 millions générés par les ventes (222%)

Le produit des ventes de produits certifiés ou éco-gérés (café : $74,4 millions ; bois : $10,9 millions ; noix du Brésil : $3,5 millions) ont largement dépassé les $40 millions espérés au départ, conséquence d’un volume de production plus important et d’une augmentation des prix du marché sur ces produits.

  • 7 425 producteurs et opérations soutenus (212%)

Le nombre d’opérations agricoles, et de travailleurs dans le tourisme et la sylviculture bénéficiant de soutien dans la production de café (5.089), la sylviculture (1.589) et le tourisme (747) a largement dépassé les 3.500 prévus au départ.

  • 37 125 personne directement touchées (206%)

L’estimation du nombre de personnes ayant profité directement ou indirectement du projet (37.125) correspond à plus du double des résultats prévus au départ (18.000)

  • 10 014 personnes formées (835%)

Le nombre de personnes formées dans la Gestion des Ressources Naturelles ou la Préservation de la Biodiversité dans les domaines de la production de café (6.148), de la sylviculture (1.802) et du tourisme (2.064) a largement dépassé le nombre de 1.200 personnes prévu initialement.

Extrait du rapport dʼévaluation finale :

Parce que ce projet a démontré sa capacité et son efficacité à oeuvrer sur le terrain, à tenir ses objectifs (et même au-delà) et à parvenir à avoir un impact considérable sur la population ciblée et ses soutiens, il est tout à fait réplicable et devrait être étendu à d’autres régions amazoniennes du Pérou.

Depuis le démarrage du projet et tout au long de sa mise en oeuvre, l’ICAA s’est employée à rapprocher les institutions entre elles, dans des alliances stratégiques visant à soutenir les activités prévues par le projet, suivant la chaîne de la valeur-ajoutée, partant de la production, pour aller vers l’amélioration du produit, le marketing jusqu’à l’utilisateur final.

Des alliances stratégiques ont également été développées entre les bénéficiaires et les instances qui les soutiennent, ainsi qu’avec les gouvernements locaux et régionaux, comme les gouvernements des districts de Junín, Cuzco et Puno et le gouvernement régional de Madre de Dios.

Le projet a mené des efforts concertés pour éduquer et responsabiliser les fermiers, les sylviculteurs et les propriétaires terriens afin qu’ils gèrent ensemble leurs ressources naturelles de manière durable. Des auditeurs et des experts internes qui travaillent au sein d’organisations ou pour des opérations bénéficiaires du projet ont été formés afin de poursuivre les activités financières et de gestion après la fin du projet.

Entre culture ombragée de café et forêt préservée – qui couvrent un tiers de la plupart des fermes -, cette terre sert de refuge et de couloir biologique à une vaste faune, particulièrement importante à l’intérieur de ces 8.500 hectares environ de zones tampons dans les régions protégées. L’impact du travail de la Rainforest Alliance, s’étend bien au-delà des fermes certifiées puisque 700 fermiers environ qui ont été formés par la ICAA ont maintenant intégré le processus qui consiste à développer suffisamment de pratiques durables pour pouvoir prétendre à la certification, et de nombreux agriculteurs sont devenus des émissaires de la durabilité et travaillent à convaincre les travailleurs et les voisins d’adopter de meilleurs pratiques chez eux et, parfois même à un niveau communautaire.

Ce qu’il reste à faire maintenant, c’est trouver des ressources et du temps supplémentaires pour consolider et pérenniser ce qui a été mis en place grâce à ce projet.

Conclusion du rapport d’évaluation finale de novembre 2011

(Évaluation du volet sylviculture exclusivement)

La Rainforest Alliance a réussi à mettre en lien et à recruter différents acteurs des secteurs public et privé, tels que des ONG, des donateurs, des entreprises associées et des gouvernements locaux et régionaux, afin qu’ils collaborent au projet, assurant ainsi la performance de ses résultats et l’accomplissement de ses objectifs, et améliorant de façon considérable la durabilité des activités mises en place par le projet, après son terme.

Après une évaluation du projet à mi-parcours, au mois de novembre 2010, certaines activités improductives ont été stoppées, afin de recentrer les efforts sur les activités les plus fécondes et permettre au projet de remplir ses objectifs. Le résultat de cette décision a été le constat d’avancées significatives dans la réalisation du projet à Madre de Dios et Cuzco en 2011 et l’accomplissement impressionnant des objectifs (environ 98%) à la fin du projet

La gestion du projet a rencontré des obstacles extérieurs et internes à sa réalisation mais des solutions viables et des approches alternatives ont été appliquées afin de pouvoir mener à terme sa mise en oeuvre. La clé de cette réussite a été une gestion souple – avec le soutien des donateurs (USAID) – qui s’adapte aux changements.

La Rainforest Alliance a démontré sa capacité et son efficacité à tenir ses objectifs et à réussir à avoir un impact considérable sur la population ciblée et ses soutiens. Cette démarche a donc démontré sa réplicabilité.

Comme aucune base de données n’a été collectée par le projet au niveau des producteurs au moment de l’inclusion des participants, il a été impossible de quantifier les impacts socio-économiques du projet par les techniques traditionnelles d’interviews. Ceci étant dit, l’utilisation de variables approximatives sous la forme de résultats quantitatifs a été considérée comme acceptable et a démontré l’impact considérable du projet sur ses cibles.

Lors de sa visite avec les dirigeants d’ASCART, et par ses observations sur les équipements actuellement en place pour la gestion de la noix du Brésil, le maître d’oeuvre a confirmé la nécessité d’améliorer l’organisation et la structure de l’association. Il lui faut obtenir les investissements de ses membres et leur distribuer des marges de bénéfices nettes, proportionnellement à leur utilisation des équipements. Cela aurait pour conséquence d’augmenter les adhésions de nouveaux membres et la participation des membres existants.

Le soutien que la Rainforest Alliance apporte aux associations intermédiaires en renforçant leur organisation et leur capacité opérationnelle a été essentiel pour créer du lien entre les producteurs et collecteurs sylvicoles et le marché qui leur offre de meilleurs opportunités de revenus.

Alors que la certification délivrée par l’Organisation de Labellisation du Commerce Équitable (FLO) pour les produits agricoles, peut avoir un énorme impact positif sur le plan économique et social pour les travailleurs et les producteurs de ce processus lorsque les prix du marché sont en baisse ou fluctuent de façon incontrôlée, l’intérêt de participer à ce système diminue quand le prix des produits sur les marchés locaux dépassent ceux établis par la FLO.

Voilà donc la situation actuelle à laquelle sont confrontés les producteurs de noix du Brésil et de café péruviens concernés par le projet. Partant de là, le projet a concentré ses efforts sur de meilleures pratiques de gestion plutôt que sur la certification de la FLO. En revanche, la certification pour une gestion durable de la forêt, délivrée par le Forest Stewardship Council (FSC) continue à permettre aux producteurs de pratiquer des prix plus élevés pour le bois certifié que celui du bois prélevé de manière incontrôlée. La demande de bois certifié augmentant, de même que les prix du marché, l’interêt pour la certification forestière du FSC augmente lui aussi.

L’une des nombreuses recommandations est que la Rainforest Alliance doit continuer à soutenir les producteurs et les collecteurs.

Résumé du rapport de la visite ex-post réalisée en avril 2014

(Visite de la composante café uniquement)

Les échanges avec les producteurs de café visités ont montré une situation difficile pour ces familles depuis 2011 (fin de notre financement) à cause de l’impact de la roya sur la production. Cependant, les parcelles sont en cours de rénovation et les producteurs appuyés par RA, tout comme leurs coopératives, devraient retrouver une situation normale, voire améliorée, d’ici à 2017.

Les visites ont également permis de voir que malgré les résultats obtenus durant le projet, avec notamment 89 000 ha certifiés, un énorme travail d’appui restait à faire, tant au niveau des techniques culturales qu’au niveau de la protection de l’environnement (valorisation des déchets de transformation en amendements naturels solides et liquides, taille cyclique des caféiers, installation de stations de traitement des eaux grises, utilisation de microorganismes pour accélérer le traitement des eaux et la fabrication du compost, désherbage mécanique, amélioration de la couverture forestière, … ). Et finalement, cette crise de la roya a permis, pour les membres des coopératives, de reprendre leurs plantations à zéro en appliquant plus de techniques améliorées qui devraient donner de très bons résultats à l’avenir. Un mal pour un bien donc… La poursuite de l’appui de RA a par conséquent été très bénéfique.

Cependant, il est regrettable que la stratégie d’action de RA, basée sur la certification d’une production, avec de fortes connexions au marché international, laisse peu de place à l’improvisation et à l’adaptation, notamment en ce qui concerne la diversification des productions appuyées ou l’intégration d’acteurs dédiés à d’autres types de production. En effet, il semble que la première source de déforestation soit actuellement la plantation intensive d’ananas et d’agrumes, comme en témoignent les nombreuses parcelles récentes et le nombre important de pépinières dans la zone : une réponse des producteurs aux pertes dues à la roya. Le mode d’action de RA, totalement axé sur les filières certifiables RA, n’a pas permis, malgré près de 10 ans de présence, d’agir sur ces thèmes.

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