Pêche durable
Liberia, Sierra Leone

Sauvez la mer, Biodiversité et pêche durable


Environmental Justice Foundation

En Sierra Leone et au Libéria, la pêche illégale, largement pratiquée par les chalutiers industriels appartenant à des compagnies étrangères mais aussi par les pêcheurs artisanaux, impacte les écosystèmes et la biodiversité côtière et marine de manière significative.

La diminution de la taille des prises affecte la sécurité alimentaire et les revenus des communautés côtières, et l’observation du milieu indique que la fragilité croissante de ces communautés a contribué au braconnage ciblé des lamantins, tortues et requins, et à la taille illégale de la mangrove pour récupérer le charbon et augmenter le revenu des ménages.

Il a été établi une relation entre l’augmentation de la pêche Illicite (IUU) par d’énormes bateaux et la diminution des prises qui en découle, et l’augmentation de la pêche illégale et destructrice par les pêcheurs artisanaux qui utilisent la pêche à la dynamite et des petits filets – qui provoquent une quantité importante de prises accessoires.

La Sierra Leone et le Libéria sont deux pays qui se remettent à peine de guerres civiles, et la conservation de la biodiversité marine n’a été la priorité d’aucun des deux gouvernements, malgré son importance pour le développement et la subsistance des communautés côtières.
Le manque de ressources – y compris pour faire respecter la loi -, de conscience et de formation aussi bien du côté du gouvernement que des autres intervenants de la communauté, a contribué à un accroissement du problème en matière de pêche durable et d’efforts de conservation du milieu marin.

Les connaissances concernant la pêche basée sur le respect de l’écosystèmes et la gestion du milieu marin sont limitées, tandis que, dans le même temps, les guerres civiles, entre autres, ont affaibli les pratiques traditionnelles de gestion de la pêche qui ne peuvent pas lutter contre la compétition croissante et les pressions sur les ressources marines. Il est urgent d’aller vers beaucoup plus de conscience, d’engagement et de compréhension des initiatives de gestion durable de la pêche, en incluant les communautés désignées, les Aires Marines Protégées (AMP) et les programmes scientifiques, si l’on veut proteger les stocks de poissons et, au-delà, l’écosystème marin tout entier.

L’objectif est de développer les AMP et la gestion basée sur l’écosystème, afin de conserver l’environnement marin, les stocks de poissons et la biodiversité en Sierra Leone et au Libéria.

Les objectifs clefs sont

  • Accroître la coopération régionale et nationale tant au niveau des organisations locales qu’aux niveaux gouvernemental et intergouvernemental pour éradiquer la pêche illicite, développer l’implantation et la gestion des AMP, afin de contribuer à un meilleur accès aux ressources marines et ainsi diminuer la pauvreté.
  • Accroître la compétence des Associations de Gestion Communautaire (CMA) pour qu’elles appliquent une pêche basée sur l’écosystème et qu’elles collaborent directement avec les services des deux gouvernements et les pêcheurs artisanaux individuels, pour une gestion réussie des AMP, afin de faire en sorte que la protection des ressources du milieu marin deviennent la clef de voûte de la sécurité alimentaire et de revenus durables.
  • Permettre aux pêcheurs artisanaux dans les zones de développement des AMP de mieux comprendre les méthodes de pêche durable, afin de régénérer les stocks de poissons, augmenter la taille des prises et accroître ainsi la sécurité alimentaire.

Il y a trois bénéficiaires de ce projet :

  • La population : Le nombre de résidents dans l’Estuaire du fleuve Sherbro et au Lac Piso est estimé à 30.000, dont environ 7.000 pêcheurs en Sierra Leone et 5.000 au Libéria, le reste de la population active travaillant, pour la plupart, dans le commerce qui y est associé.
  • La biodiversité : l’Estuaire du fleuve Sherbro et le Lac Piso possèdent une large variété d’espèces marines (lamantins, requins, tortues de mer, et parmi elles les très menacées tortues luth), qui pourraient profiter du projet, comme ce sera la cas pour les stocks fragiles de poissons, en particulier certaines espèces de maigres, cibles privilégiées des pêcheurs. Les deux régions possèdent aussi une mangrove particulièrement fragililisée par les feux de forêts illégaux, les prélèvements de bois et le déboisement pour l’installation de rizières. Ce projet, constituant un atout majeur pour l’écosystème marin, parce qu’il prévoit aussi des nurseries pour les espèces de poissons les plus importantes, va, par la promotion de la protection de ces espèces, engendrer des bénéfices encore plus étendus.
  • Les Associations de Gestion Communautaires (CMA) : En Sierra Leone, comme au Libéria, les bénéficiaires directs du projet seront 2 des 4 membres des CMA locales, avec le partenariat de EJF qui va les former pour la défense, la video et la gestion organisationelle, avec pour ambition de construire des compétences locales sur le long terme pour la conservation de l’environnement.

EJF a déjà travaillé en Sierra Leone et au Libéria en 2008 et 2011 et est maintenant constituée d’une équipe de 8 personnes locales. Ce projet est engagé (en terme de fonds et de planning) jusqu’au début de l’année 2016, mais avec l’ambition d’une implantation sur le long terme au moins jusqu’en 2020. Ayant déjà réussi à programmer la fin de la pêche illégale, EJF est d’ores et déjà engagée dans l’expansion du projet à travers l’Afrique de l’Ouest, le prochain pays concerné étant le Ghana.

Ce projet est monté en partenariat avec la Oak Foundation.

Ce projet a été interrompu mi-2014 en raison de l’épidémie d’Ebola.

Lors de sa reprise début 2016, EJF a préféré réorienter ses activités pour s’adapter au nouveau contexte local et n’a plus eu besoin de l’appui de la Fondation. La convention a donc été suspendue.

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