Pêche durable
Myanmar

Pour une pêche en mer florissante au Myanmar : construction d’un réseau de soutien et renforcement des capacités en faveur de la conservation marine et de la préservation de la pêche


Les zones de pêche et les écosystèmes marins du Myanmar sont confrontés à de multiples menaces, notamment la surpêche, le manque de protection des habitats et des espèces en danger et l’insuffisance de capacités de gestion. La pêche côtière (typiquement définie comme l’ensemble des activités de pêche pratiquées à une distance de 5 à 10 milles nautiques des côtes) a connu une très forte diminution au cours des dix dernières années, mettant en péril les communautés locales dont la pêche est l’un des seuls moyens de subsistance et la principale source d’alimentation.

Pour inverser cette tendance, de meilleures politiques et pratiques de pêche et de conservation marine doivent être mises en place d’urgence. Les actions à mener doivent s’attacher à combler le manque d’expérience et de capacités des populations locales en matière de gestion de la pêche, le manque de données et d’informations, ainsi que la nécessité de mettre en place des organisations communautaires de gestion de la pêche. La bonne nouvelle est que les pêcheurs, le gouvernement et les leaders communautaires locaux témoignent d’une réelle volonté d’amener leur pays à renouer avec une pêche florissante, de protéger ses écosystèmes côtiers et de pourvoir au bien-être durable de ses communautés.

Environmental Defense Fund (EDF) et Wildlife Conservation Society (WCS) ont lancé en mars 2016 une étude exploratoire au Myanmar et dans le golfe de Martaban en vue d’identifier des sites pilotes pour la mise en place de réformes de la pêche côtière. La région du golfe de Martaban présente des habitats encore relativement bien préservés. Grâce à des politiques appropriées, ses aires de pêche et sa biodiversité pourraient renouer avec l’état d’abondance qui les caractérisait autrefois. Les deux ONG ont identifié cinq sites pilotes dans l’ensemble du pays qui pourraient être transformés en des aires de pêche à haut rendement, incarnant les bénéfices des réformes et servant de preuve et de laboratoires d’apprentissage incitant à reproduire et à étendre ces mesures dans l’ensemble du pays.

Parmi ces cinq sites, celui sur lequel porte ce projet inclut trois communautés de l’État Môn situées sur les côtes du golfe de Martaban et particulièrement dépendantes de la pêche (les villages d’Aung Kan Thar, Zoke Ka Li et Baing Laung).

Les trois communautés concernées par ce projet comptent une population d’environ 750 pêcheurs et de 4 500 à 5 000 personnes travaillant dans le secteur de la pêche, dont de nombreuses femmes impliquées dans des activités de gestion ou de transformation du poisson. Les principales espèces prisées dans la région sont les tambours, les polynemidae (alectis), les crabes, les tilapias et les hilsas.

Objectif général :

Ce projet vise à restaurer l’abondance des populations de poissons, afin de contribuer au renforcement des écosystèmes océaniques et à l’amélioration des conditions de vie des pêcheurs côtiers.

En reconnaissance de l’importance écologique de cette région et grâce au soutien de l’initiative communautaire de gestion des côtes, un processus est actuellement en cours pour instituer le golfe de Martaban comme une zone humide d’importance internationale au titre de la Convention de Ramsar sur les zones humides.

Actions prévues :

  • Conserver la biodiversité, les écosystèmes et les habitats marins : les deux ONG passeront en revue la documentation à disposition et recueilleront des données pour mieux comprendre les facteurs biologiques, écologiques, économiques et sociaux pouvant influencer la restauration des zones de pêche et le renforcement des communautés. Elles étudieront également les facteurs liés aux femmes et aux groupes ethniques minoritaires.
  • Améliorer les moyens de subsistance des communautés locales en augmentant la productivité et la valeur de la pêche
  • Renforcer au niveau local les capacités de gestion des ressources marines vivantes : EDF et WCS travailleront avec des partenaires locaux pour mettre en place et soutenir des comités communautaires de co-gestion qui aideront les pêcheurs à assurer la bonne gérance et la protection de leurs aires de pêche.
  • Favoriser la compréhension et l’application d’une gestion durable de la pêche
  • Renforcer la résilience sociale et écologique face au changement climatique : EDF et WCS appuieront les institutions nationales via des activités de sensibilisation, de formation et de renforcement des capacités afin que les collectivités locales soient en mesure de contribuer pleinement à la gestion et à la surveillance de leurs zones de pêche.
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