Agriculture durable
Mozambique

Développement d’une filière de maraîchage agro écologique urbaine à Maputo (Phase I)


Essor

L’enjeu de ce projet est de contribuer à un développement durable de l’agriculture urbaine et périurbaine à Maputo et sa périphérie, en particulier par l’augmentation des compétences et capacités des producteurs, de leurs organisations et des institutions d’appuis.

Rappel des objectifs

  • Contribuer à la souveraineté alimentaire du Mozambique et en particulier à l’alimentation de la population de la capitale Maputo en produits de qualité
  • Contribuer à la réduction de la pauvreté dans la ville de Maputo et sa périphérie
  • Contribuer à la préservation de l’environnement par la réduction de l’usage de pesticides chimiques et la diffusion de bonnes pratiques agroécologiques
  • Renforcer le dialogue entre la société civile et les pouvoirs publics sur la question de la souveraineté alimentaire
  • Contribuer au renforcement des capacités des services publics et des organisations professionnelles

Résultats et Indicateurs

Les agriculteurs ont augmenté leur production agricole et réduit lʼusage de pesticides.

  • 38 techniciens des services d’appui ont augmenté leurs compétences techniques et méthodologiques grâce à 29 séances de formation (128%)
  • 929 agriculteurs ont reçu des conseils et orientations sur les techniques agroécologiques (93%).
  • 766 agriculteurs ont adopté au moins une nouvelle pratique agroécologique.
  • 656 agriculteurs ont diversifié leur système de production.
  • 318 agriculteurs ont diminué de 100% lʼutilisation des pesticides chimiques et 121 agriculteurs ont diminué de 50% (88%, objectif de 
500).
  • La production agroécologique a permis dʼaugmenter le revenu par parcelle de 40% à 260% en fonction du type de culture (100%).
  • Les produits analysés présentant des résidus de pesticides supérieurs aux normes admises ont diminué de 71% (100%).
  • Dans la filière « légumes propres », 100% des produits analysés ont des résidus inférieurs aux normes admises (100%).

Des jeunes en situation précaire ont démarré une activité agricole viable

  • 40 jeunes ont été formés (83%) et parmi eux, 17 pratiquent une activité agricole (48%, objectif de 35).
  • 5 jeunes ont intégré la filière agroécologique (17%, objectif de 30).

Les Organisation de Producteurs (OP) ont renforcé leurs capacités, proposent des services adaptés à leurs membres et les représentent efficacement auprès des institutions publiques

  • 21 Organisations de Producteurs tiennent au moins 2 fois par an des réunions au cours desquelles il est fait le point sur la situation 
financière (84%).
  • 25 OP ont un projet associatif défini en cours (100%).
  • 18 OP ont mis en oeuvre une activité de commercialisation et/ou de représentation (90%).

Pérennité des actions menées

Le projet qui vient de se terminer nʼest que la première phase dʼune initiative de plus longue durée qui devrait assurer la pérennité et le développement des actions.

Extrait de l’évaluation finale de septembre 2013 réalisée par Jean-Sébastien Canal

Les points forts du projet

  • Le projet a abordé de façon très pragmatique une problématique essentielle à la survie et au développement de certaines catégories de populations urbaines qui vivent de l’agriculture urbaine. L’action engagée est plus que jamais d’actualité notamment avec la pression foncière qui s’exerce sur ces espaces de production. La démarche développée s’inscrit dans un processus d’amélioration de la qualité et des quantités des produits, de renforcement de l’organisation des structures qui représentent les producteurs et l’inscription de celles-ci dans des mécanismes institutionnels durables […].
  • La thématique agriculture urbaine et périurbaine a été traitée de façon fort opérationnelle […].
  • Des partenariats pertinents ont été établis avec les structures publiques (Etat et Municipalités) […]. Des relations fortes ont été construites avec certaines unions et associations de productrices/teurs. Un réseau de paysans expérimentateurs a été établi. Les échanges inter associations et inter unions se sont progressivement accélérés impactant positivement la circulation de l’information (même si un travail non négligeable reste à faire). Des collaborations de qualité ont été établies avec quelques structures privées […].
  • Techniquement on a une bonne connaissance des systèmes de production existants et des problématiques techniques de production. Les équipes (projets et Casa Agraria) ont poursuivi et développé des propositions techniques d’amélioration des systèmes de production, une première étape de compréhension est acquise par les groupes pilotes. Il faut continuer à proposer de nouvelles techniques diversifiées pour optimiser les systèmes.
  • Le projet a approché la formation via un excellent diagnostic des besoins au niveau de tous les acteurs concernés par le projet : agriculteurs, jeunes (futurs agriculteurs), extensionistes (et leurs institutions). […]. Cette initiative fut à la fois pertinente et très efficace.
  • Une dynamique de capitalisation (en français et portugais) s’était progressivement installée […]. Il faut trouver les moyens pour diffuser tout ce matériel.
  • Un travail de communication avait été initié autour de la filière « légumes agroécologiques » début 2012. Cette initiative était un premier pas très positif vers tous les acteurs de la chaîne du producteur au consommateur. Fin 2012 et 2013 la filière « légumes agroécologiques » est passée du concept à une réalité. Elle est encore embryonnaire et expérimentale, encore fragile et avec une importante consolidation à mettre en oeuvre, mais elle existe et attire déjà des convoitises.
  • Une petite équipe jeune, qui regroupait un assez large panel de compétences, animait et dynamisait les différentes actions. Le coeur de l’équipe est resté à l’identique (preuve de stabilité dans un monde où les compétences sont recherchées). Elle s’est modelée et se modèlera encore en fonction des besoins techniques et des centres d’intérêts de ces cadres.

Des évolutions encourageantes issues de l’inflexion stratégique de 2012

  • La thématique AUPU avait été abordée au début du projet de façon très technique et il lui manquait une dimension poli- tique essentielle pour se positionner dans les débats. L’équipe n’était pas assez présente dans les cercles de discussion. En 2012 ce champ a progressivement été investi. Même s’il est encore faiblement couvert, des avancées significatives ont été réalisées […].
  • Une première stratégie dans laquelle on était sur un découpage très technique pour lequel il manquait du liant entre les parties a fait place à une nouvelle stratégie d’intervention établie fin 2011 autour de filières qui intègre les fonctions commerciales et les consommateurs. L’équipe ainsi que ses partenaires (paysans, Associations, Unions, les institutions techniques nationales) se sont appropriés la vision d’un fonctionnement plus systémique et du liant autour de filières a été créé. Une démarche intégratrice qui englobe tous les acteurs de la machamba (parcelle) du petit producteur à l’assiette du con- sommateur est développée. Un travail de consolidation et de changement d’échelle est encore à réaliser […].

Les points de vulnérabilité de l’action

  • Un véritable ancrage au niveau de la recherche technique et scientifique au niveau national et surtout international, afin d’alimenter le projet en innovations et adaptations techniques a fait défaut. Même si au cours de la dernière année du projet quelques avancées ont été réalisées dans ce domaine […] il reste encore beaucoup à faire […]. Il est important d’animer une dynamique technique tant pour les partenaires institutionnels que (et surtout) pour les producteurs qui sont à la pointe de l’innovation. La chef de projet, ses collègues et le suivi technique du projet en France, doivent dégager du temps pour s’investir sur ce créneau et pour cela apprendre à déléguer.
  • L’équipe a progressivement dû aborder des problématiques importantes pour le développement du projet et de ses actions : le foncier, l’eau d’irrigation, la commercialisation. Ces thématiques ne sont pas aisées à traiter et même si des avancées ont été observées dans ce domaine sur les trois thèmes, il a manqué le développement de partenariats avec des entités maîtrisant parfaitement ses sujets. La constitution de synergies avec des entrées différentes aurait pu permettre de progresser sur plusieurs fronts et de contribuer à la résolution de certains problèmes.
  • Un important travail de communication a progressivement été réalisé […]. Il faut poursuivre sur cette voie et y consacrer les ressources nécessaires pour avoir un impact encore plus significatif.

Retrouvez les informations sur la phase 2 de ce projet ici.

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