Pêche Durable
Myanmar

Conservation de l’environnement marin et cogestion des pêcheries de la municipalité de Kawthaung, dans la région de Tanintharyi – MARE


Contexte :

Le district de Kawthaung abrite l’unique parc national marin du Myanmar, Lampi, où l’Istituto Oikos opère depuis 2009 (avec le soutien continu de la Fondation Ensemble, voir ici). Plus de 80 % des habitants de la côte dépendent directement ou indirectement de la pêche à petite échelle pour leur subsistance et leur survie. Néanmoins, il est rare que ces habitants soient consultés dans le cadre de processus de décision ou de planification. Les entretiens menés par Oikos ont montré que le volume des prises avait fortement diminué au cours des cinq dernières années et que des prises accessoires avaient lieu dans les eaux côtières, y compris d’une série d’espèces menacées au niveau mondial. Le nombre de bateaux de pêche a augmenté et l’utilisation de techniques destructrices, telles que la pêche à la dynamite, le chalutage et la pêche à la lumière artificielle, est monnaie courante. Les pêcheries locales sont également en concurrence avec les navires de pêche commerciale qui s’approchent illégalement du rivage, détruisant sur leur passage les pièges et les filets des pêcheurs locaux ainsi que les frayères des poissons.
Enfin, le manque de planification et de contrôle du développement touristique a provoqué la conversion de plus de 50 % des sols côtiers de la zone cible en des terrains de construction pour des installations touristiques, entraînant un risque de destruction des habitats situés près des rivages.

Dans ce contexte, en janvier 2020, le ministère des Pêches du Myanmar a annoncé la création d’une nouvelle aire marine nationale protégée d’une surface de 1 211 400 hectares, avec 4 zones de pêche interdite le long des côtes et au large. À l’heure actuelle, seules les frontières de cette aire protégée, qui englobe le parc national marin de Lampi, ont été annoncées, les règlements spécifiques encadrant l’instauration et la surveillance de la zone n’ont pas encore été publiés. Malgré son importance, la création de cette aire marine protégée pose de nouveaux défis en termes de gestion et de mise en œuvre, et le ministère des Finances a besoin d’une assistance technique pour l’établissement d’accords de cogestion avec les pêcheurs artisanaux concernés.

Une amélioration est également requise pour simplifier le cadre réglementaire de la conservation marine, et renforcer les capacités des autorités locales à engager les communautés dans la conservation durable du milieu marin.

Objectif principal :

L’objectif principal de ce projet est de promouvoir la conservation de l’environnement marin ainsi que des moyens de subsistance durables dans le sud de l’état de Tanintharyi, en mettant en place une cogestion des pêcheries côtières.

Activités menées :

La collecte et le partage des données scientifiques marines seront renforcés et améliorés, ainsi que leur intégration dans les mécanismes de gouvernance. Des données seront collectées sur les espèces cibles (maquereau, calamars, crevettes, crabes de palétuviers, étrilles) en collaboration avec les universités de Myeik et d’Exeter, en impliquant des chercheurs locaux et internationaux ainsi que les autorités locales. Des systèmes de stockage et de partage des données seront développés afin de faciliter l’échange de données. L’équipe du projet participera également à des plateformes existantes de partage d’informations et de plaidoyer.

Afin d’améliorer l’efficacité des politiques et des pratiques, la coordination et la coopération entre acteurs nationaux et locaux seront renforcées. Une cogestion de la pêche sera mise en place, ainsi que des opportunités de subsistance durables pour les communautés côtières. 5 associations villageoises de pêcheurs seront créées et accompagnées dans la formalisation d’un ensemble de règlements. Des réunions régulières seront organisées et un système de patrouilles sera mis en place. Les associations villageoises de pêcheurs seront dotées d’équipements de patrouille et bénéficieront d’une formation. L’université d’Exeter pilotera une cartographie participative des aires marines gérées localement. Des associations villageoises d’épargne et de prêt seront créées dans les villages ciblés, en veillant à ce qu’une représentation paritaire y soit établie. Une sensibilisation aux pratiques de pêche durable, à la conservation de l’environnement et à la santé sexuelle et reproductive sera également assurée dans les villages ciblés (y compris dans les écoles).

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